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Dans le Confinement

Ashkénazes dans le Confinement

Aujourd’hui c’est shabbat, une bonne occasion de parler des ashkénazes dans le confinement.

Comme vous le savez sans doute, l’ashkénaze est, par essence, un individu angoissé. Il ne manque certes pas d’humour, mais pour autant, il n’est pas là pour rigoler. La tristesse, la mélancolie, la nostalgie, l’inquiétude, le tourment, tout ça c’est son truc à l’ashkénaze.

Or, même si pour le moment on rigole bien dans le confinement à s’envoyer des vidéos et des photos à la con, il faut tout de même avouer que le concept de confinement est intrinsèquement anxiogène. Surtout qu’on a bien compris que les 15 jours de confinement n’étaient qu’un début, que le gouvernement nous réserve d’autres sombres mesures qu’il ne préfère pas dévoiler de suite, histoire de ne pas trop affoler la population en général et, qui sait, les ashkénazes en particulier.

Sos Ashkénazes Bonjour 

Comme tout le monde, je passe beaucoup de temps au téléphone. Prendre des nouvelles, donner des nouvelles, raconter son confinement, écouter celui des autres, cela fait passer le temps et ça fait du bien. En revanche je me prépare chaque fois que j’appelle un ashkénaze, à commencer par mon cher papa, 91 ans aujourd’hui, qui est dans le confinement dans le Grand Est.

Déjà en temps normal, un simple appel peut te foutre le moral en dessous de zéro, alors en période de confinement l’ashkénaze se surpasse. Hier par exemple, la première phrase de mon père a été « je crois que je ne vais pas tenir le coup ». Comme je suis moi-même ashkénaze, je commence à stresser, à penser au sombre avenir qui m’attend dans le confinement. « Oy vaï iz mir » je me mets à penser en Yiddish. Quel malheur est le mien.Que vais-je devenir? Où va le monde? Quelle tristesse. Et puis je me reprends, je balaie mon ashkénazité d’un revers de main (lavée), je respire un bon coup et je lui remonte le moral. Je parle de l’après, des beaux jours qui arrivent, des asperges qu’on ira manger…

J’ai aussi appelé un vieux pote qui a décroché direct d’un « SOS Ashkénazes bonjour ». Evidemment ça ne va pas, il pense à sa vieille mère qui est sortie de nombreuses fois faire ses courses avant le confinement, il surveille les va-et-vient de sa compagne quand elle descend dans le jardin. Il a aussi appelé le commissariat de police pour savoir s’il avait le droit de traverser sa rue pour entrer dans le Bois de Vincennes.

Tel un vieux juif hassidique qui étudie chaque phrase de la Torah en la tournant et retournant dans tous les sens, mon pote a bien dû faire chier le flic à lui demander pourquoi il ne pouvait pas se promener avec sa compagne dans le Bois de Vincennes puisqu’ils habitent ensemble dans le confinement et en face du Bois de Vincennes justement. Apparemment les explications du flic ne l’ont pas convaincu. Je lui ai expliqué que se promener à deux dans le Bois de Vincennes n’était pas une attitude « très confinement », que cela ne montrait pas l’exemple. Ils pouvaient sortir ensemble mais séparés d’un mètre. Je pense qu’il rumine depuis sur ce début d’explication et que j’aurai le droit à quelques contre-arguments bien pensés lors de mon prochain appel.

Blague juive et musique Klezmer

Heureusement après quelques appels je suis tombée sur pote qui m’a raconté des blagues juives façon corona. Celle-ci m’a bien fait rigoler

Le Rabbin s’adresse à sa communauté à propos du virus corona.
Chers amis, en raison de la pandémie qui s’abat sur le Monde, il va falloir changer nos comportements
– vous les sépharades, il va falloir prendre sur vous et arrêter toute embrassade, accolade, étreinte!
– et vous les ashkénazes, ne changez rien.

Et on termine par une petite compilation de musique Klezmer, c’est Shabbat après tout!


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