Catégories
Dans le Confinement

Bye Bye Paris

Aujourd’hui c’est le grand jour, l’acmé du confinement : mon mari prend la route pour Réduku. Le scénario est impeccable. Il prend un petit sac de voyage qu’il mettra dans son coffre.
Jusqu’à la Rochelle, il dira qu’il va s’occuper de ses parents. Le dossier est prêt : papiers d’identité et diverses ordonnances des parents. En dernier recours, il brandira la copie d’un article sur ce pauvre monsieur qui a traversé la France pour voir une dernière fois son père et qui, malgré toutes les précautions prises, s’est vu renvoyer au bercail par des gendarmes, alors qu’il était proche du but et qu’il avait passé plusieurs contrôles.

Tout va bien à Saint-Arnoult

A la Rochelle, mon mari passera faire des courses, planquera le sac de voyage sous les courses et changera de casquette. Il deviendra le bon fiston qui est juste allé à la Rochelle faire des courses et qui rentre au bercail où il est confiné avec ses parents.

Je vais passer une bonne partie de la journée sur les écrans. Je suivrai les déplacements de mon mari sur Zenly et surveillerai les caméras disponibles aux alentours de son isochrone. La route est belle, pas de bouchons, même pas un petit ralentissement, ça sent les bonnes vacances dans le confinement. Il faut tout de même que l’on trouve un objet à acheter à la Rochelle que l’on ne trouve pas sur Réduku. On a quelques heures pour y réfléchir.

Don’t Touch

Hier soir je suis sortie avec mon panier, mes Ausweis pré-remplis et mon stylo. Je n’ai pas complètement grugé, j’ai acheté de la litière pour le greffier. J’en ai surtout profité pour aller fumer une clope avec un copain voisin. Dans les faits, j’avais deux packs de litière d’avance.

C’est bizarre de voir de vieux potes de trente ans et de marquer la distance. T’es un peu comme devant un écran, mais dans la vraie vie. Il semblerait que cela va être notre nouvel way of life : on ne va plus se toucher, s’embrasser, s’éteindre, se postillonner dessus, se pincer, se caresser, s’enlever le cil tombé sur la joue. On ne va pas pouvoir goûter dans les verres des autres, ni dans leur assiette. Quid est de se passer un briquet, une cigarette, de prêter une veste ou un foulard à un pote qui a froid? Quant à se trémousser tout en sueur sur des rythmes endiablés en hurlant à réveiller les voisins, ce n’est pas demain la veille que ça se produira.

Ginto avec Roselyne

Roselyne Bachelot est de retour sur le devant de la scène. Après avoir été bafouée par la France entière pour avoir surstocké des vaccins et des masques lors de la crise du H1N1, Roselyne est devenue la nouvelle star de tous les thuriféraires de la presse populaire. On la voit dans Elle, le Parisien, JDD, sur France 5. Ils se sont tous moqués et maintenant, ils la flattent, la brossent dans le sens du poil. Roselyne elle est quand même docteur en Pharmacie. Elle ne donne pas dans l’ultracrepidarianisme comme tous ces blancs-becs qui confondent pangolin et chloroquine.  Dans le Parisien, elle répond avec brio à la question à la con qui consiste à demander ce que l’on fera une fois la liberté retrouvée.

 » Je crois que j’irai m’asseoir à la terrasse d’un café. On n’a pas le droit de vanter des produits alcoolisés, si? Eh bien je prendrai un sérieux gin tonic! »

Le Parisien n°20200419

Et bien Roselyne, sache que je serai ravie de t’accompagner.

2 réponses sur « Bye Bye Paris »

«Je vais passer une bonne partie de la journée sur les écrans. Je suivrai les déplacements de mon mari sur Zenly et surveillerai les caméras disponibles aux alentours de son isochrone.»
Depuis que vis à la campagne, j’ai une curieuse impression: soit j’ai régressé dans une sorte de moyen-âge technologique, soit vous avez tous, vous les citadins, commencé à vivre dans un script de science-fiction.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *