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Elever son Levain Dans le Confinement

Le même jour j’ai une copine qui m’a demandé si je savais faire du levain et une autre qui m’a dit que dans son confinement à elle, il n’y avait plus de levure et, du coup, elle ne pouvait pas faire son pain. Une courte recherche sur le Web m’indique que le levain pousse en trois jours.
Oh putain, j’ai saisi la balle au bond pour ouvrir le dossier levain. C’est la recette idéale quand tu es dans le confinement, comme la confiture d’orange que l’on fait aussi sur trois jours ou, dans une moindre mesure, le gigot de sept heures.

Le snobisme de la farine

Le gros avantage d’être dans le confinement, c’est que tu peux largement prendre ton temps, peser le pour et le contre, ne pas te lancer à la va-vite. J’ai donc profité de la situation pour commencer par régler le dossier farine. 

Quand tu prends un livre de recette, on te donne la quantité de farine à utiliser pour faire ton gâteau au chocolat. Quand tu demandes à une copine sa recette de pâte à tarte, elle te dit de prendre 180g de farine pour 125g de beurre.

Pendant ce temps les bloggeurs culinaires pratiquent le snobisme de la farine. Farine 55, Farine 65, Farine complète. Tant qu’à faire, ils poussent souvent le vice en te proposant d’utiliser plusieurs types de farine pour une seule recette. Pour la recette de levain que j’ai trouvée en ligne sur La Cuisine de Machine, Machine nous recommande en l’occurrence de prendre le premier jour de la Farine complète T150 et de la Farine à Pain T65 le deuxième et troisième jour.

Suis un peu bourrue comme fille, pour moi de la farine c’est de la farine mais, puisque nous sommes dans le confinement, j’ai appelé mon cousin de Lausanne qui fait son levain lui-même.

Le Fétichisme du Levain

Après les salutations d’usage, je lui explique l’objet de mon appel. Je me lance dans le levain et souhaiterais avoir des conseils. Il m’explique que c’est très simple, qu’il faut « doubler tous les jours » et que ça marche à tous les coups. Quant au type de farine, on s’en fout qu’il me dit, même si ça part mieux avec « la complète ». Me voilà donc rassurée on peut faire du levain avec n’importe quelle farine, ce qui tombe bien quand on est dans le confinement. Je ne me vois pas remplir une Attestation de Déplacement Dérogatoire avec une liste de quatre farines différentes, surtout qu’il y a au moins six boulangeries ouvertes à moins de deux-cents mètres de la maison. Je relance un peu mon cousin sur le levain, que ça a l’air assez facile et qu’apparemment cela se garde très bien. Et comment donc que ça se garde bien, son fils a fait un stage chez un boulanger et est revenu avec du levain qui a plusieurs années. A présent il continue à l’élever avec beaucoup d’attention.

Plusieurs années? Je n’étais pas sûre d’avoir bien entendu? Mon petit cousin serait-il un peu dingo? Alors j’ai cherché sur le Web où ça grouille de retours d’expérience sur le levain. Apparemment il existe des personnes qui élèvent leur levain, dans le confinement ou pas, comme d’autres élèvent leur enfant. Je ne vais pas me lancer dans une enquête approfondie sur les fêlés du levain, mais sachez qu’il y a du dossier. « J’attends un levain » titre une page « , « Mon Levain et Moi après Presque un An et Demi de Vie Commune », titre l’autre.

Le Début de l’Aventure

J’ai l’impression qu’après avoir simplement mélangé cinquante grammes de farine et cinquante centilitres d’eau, une grande aventure commence. Je vais élever un levain dans le confinement, ça c’est du projet.

Il semblerait en effet que le levain a une durée de vie quasi infinie. Toujours sur le Web, une rumeur court qu’il en existe un de plus de cent-cinquante ans. Apparemment, il suffit de remettre de la farine et de l’eau après en avoir prélevé pour que l’histoire continue.

Le problème est qu’il ne faut pas arrêter, parce que le levain ne se conserve pas très bien si on ne l’utilise pas. Il commence à déconner, à sortir de son bocal et à se balader dans le réfrigérateur.  Il y a heureusement des trucs pour le conserver en cas de force majeure. J’ai vu ainsi l’histoire d’une femme fort courageuse qui explique comment conserver son levain. Suite à une fracture de la malléole (sic), la pauvresse ne pouvait plus faire son pain.

Je vous donnerai demain des nouvelles de mon levain, bon dimanche dans le confinement! 

2 réponses sur « Elever son Levain Dans le Confinement »

Au fait, si dans le confinement y a plus de levure chez l’épicier mais qu’il reste des bières, la levure qui traîne au fond du verre peut convenir. Saccharomices cerevisae, pour la bière comme pour le pain, c’est kif kif. Éviter la Kronembourg. D’abord, c’est probablement infesté vu que ça vient d’Alsace. Ensuite, c’est tellement filtré qu’il n’y a plus de levure.

Il n’y a pas que de la Kro en Alsace, c’est très réducteur comme remarque. Mais merci quand même pour tes conseils.

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