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Dans le Confinement

Farine et Levure à Gogo

Vendredi j’ai cherché de la levure de boulanger partout dans mon quartier. J’aime faire du pain, du pain brioché et aussi de la brioche. Quand j’ai le temps, je fais même de la tropézienne, mais sans levure de boulanger, point de salut. Le matin, j’ai donc visité les trois Franprix, le Carrouf, ainsi que les trois boulangeries ouvertes : que dalle.

L’après-midi, je suis partie dans l’autre direction : un autre Carrouf, puis un Monop’ et ensuite un Cinq Fermes : macache bono.

Sur le chemin du retour, je suis passée devant l’épicier kabyle proche de la maison. C’est l’un des plus anciens commerçants du quartier. Dans une autre vie, quand il n’y avait pas tant de Carrouf, Daily Monop et autres magasins alimentaires ouverts tôt le matin, tard le soir et même le dimanche, j’étais une cliente régulière. Je me suis arrêtée chez l’épicier : il avait plein de cubes de levure de boulanger fraîche dans son frigo.

Quand t’as la levure, il te faut de la farine. La levure de boulanger peut se congeler d’après le Web, mais elle perd un peu de ses propriétés dans le processus. Chez Franpix, la seule farine disponible était à la caisse, sur une palette, par paquet de dix kilogrammes. Un tien vaut mieux que deux tu l’auras, me voilà pourvue d’un énorme sac de farine du Périgord. Il a fallu répartir la farine dans les diverses boites en métal dont je dispose et caser le reste dans son sac dans la couscoussière.

Quand t’as de la levure et de la farine, il te faut aussi des œufs, j’ai pris deux boîtes de douze au Carrouf. J’ai passé le week-end à cuisiner : spätzele, pain brioché, pain aux noix, cakes au citron, pâte à tarte. Mon congélateur commence à être bien rempli.

Après le Confinement, le Déconfinement.

L’air de rien, on arrive bientôt au déconfinement. C’est dans quinze jours. Enfin, on va voir ce que le Premier Ministre à barbe va bien nous raconter tout à l’heure. Pourquoi les enfants peuvent aller à l’école, comment un coiffeur va pratiquer les gestes barrière, comment prendre le métro sans masque, la liste des questions est bien longue.

Quinze jours ce n’est pas beaucoup vu qu’on s’est déjà tapé six semaines. Je n’ai pas rangé tous mes placards, lu tous les livres que j’aurais voulu lire, écouté tous les albums que j’ai repérés. Quant aux séries et aux podcasts, je ne vous raconte pas. Entre Arte.tv qui envoie du lourd avec des documentaires, des films, des séries et le catalogue Netflix que je parcours bien mieux grâce à ce répertoire très pratique http://ogres-crypt.com/public/NetFlix-Streaming-Genres2.html je deviens folle. Je procrastine comme une bête sur la paperasse et la poussière et je dévore les livres de recettes et les biopics comme une dératée.

Ce week-end je suis restée scotchée sur  Hip Hop Evolution une série qui raconte l’histoire du Hip Hop. Le premier épisode raconte la naissance de la Bounce Music à la Nouvelle-Orléans dans les moindres détails. Précis, bien documenté, tout simplement passionnant. Après il faut aimer le hip hop et le rap.

Six et deux font huit. En huit semaines tu as le temps de perdre tes habitudes et d’en prendre de nouvelles. On est toutes et tous passés par les mêmes phases du « je prends sur moi » à « j’en peux plus », du laisser-aller à l’hyperactivité, avec des pulsions de rebellions, des phantasmes de soirées entre amis. Globalement, on en a tous marre du diktat du Corona. On est pressé de sortir du confinement mais pour autant, pas enthousiaste de vivre le déconfinement.

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