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Dans le Confinement

Let’s Blob Today

Vous n’êtes pas très nombreux à me lire mais je sais que vous attendez toutes et tous de voir une photo de mon pain au Blob-Lafayette.  Aujourd’hui c’est le bon jour, je le sens, je le sais. Je vais faire du pain, que dis-je, mon pain, qui aura un goût unique, étant donné les étapes très particulières de l’élevage de mon levain, le grand Blob-Lafayette. Bien que j’aie minutieusement détaillé ici-même tous les stades de la conception de Blob-Lafayette, dérapages et pause Pessah inclus, précisé les multiples conseils lus sur le Web et obtenus depuis la Suisse ou la Normandie, je défie quiconque de réitérer mon œuvre, n’ayons pas peur des mots. Je viens de le nourrir avant de le mélanger à de l’eau du sel et de la farine pour le faire gonfler.

The Blob

The Blob, le vrai.

Vu que j’ai clarifié hier les histoires de levure et de levain, il fallait aussi que je rende hommage au Blob, au vrai, dont l’existence a été récemment vulgarisée par la chercheuse Audrey Dussutour.

Le blob, est un organisme primitif unicellulaire qui a plus d’un milliard d’années. Il a longtemps été confondu avec un champignon, justement parce qu’il est unicellulaire, mais il n’a rien à voir avec le champignon ni la levure.
L’une de ses particularités est qu’il peut grossir pour atteindre jusque dix mètres carrés de surface, alors qu’une vulgaire cellule mesure maximum dix microns. Quand la chercheuse Audrey Dussutour a découvert son existence, il s’appelait encore Physarum Polycephalum, nom qui lui avait été donné en 1822 par Lewis David von Schweinitz, un mycologue américain. Cinéphile, Audrey a pensé au film de SF « Danger Planétaire », « The Blob » en anglais, quand elle a découvert la chose. The Blob est un film avec Steve Mc Queen dans lequel le personnage principal est un extra-terrestre géant et gluant pas très sympathique, une sorte de blob quoi.

Rendez-vous au Grand Hôtel de Paris

Aujourd’hui j’ai vu un ami en vrai. Il n’habite pas très loin, je lui ai dit qu’il me manquait et il m’a de suite proposé une rencontre. J’ai étudié les confins de nos isochrones respectifs. On avait grosso modo deux possibilités pour se rencontrer sans enfreindre la loi. Soit se retrouver devant l’hôtel Saint-Quentin près de la Gare du Nord, soit devant le grand Hôtel de Paris, près de la Gare de l’Est. La lecture des avis concernant l’hôtel Saint-Quentin m’ont donné envie de m’en éloigner le plus possible: « Hôtel crasseux, vétuste et bruyant« . « Lamentable« . « Au secours ! » « Pire hôtel de ma vie. »

En marchant, il m’est venu une idée lumineuse concernant les Ausweis. Je vais prétexter partir à la recherche de masques. C’est un argument irréfutable dans le confinement à l’approche du déconfinement.
Dans mon quartier (l’Est Parisien) j’ai l’impression que tout le monde a un masque, sauf moi. Même le clochard « historique » du quartier, qui mendie assis sur son cageot près du bureau de Poste a un masque. Je ne sais pas où ces gens trouvent des masques. Ma pharmacienne en a quelques-uns qu’elle réserve aux personnes ayant une ordonnance.

La Gare de l’Est était quasi-déserte, du coup on remarquait bien les publicités Lancôme annonçant que la vie est belle. Bonne visibilité donc, en revanche côté retour sur investissement, ce n’est pas super bien joué je pense.

La vie est belle dans le confinement Gare de l’Est.

J’ai voulu joindre l’utile à l’agréable en m’arrêtant dans la pharmacie de la gare pour voir s’ils avaient des masques.

– Oui nous en avons, allez voir mon collègue à la caisse.

– Bonjour Monsieur, il paraît que vous avez des masques.

– Oui mais ce ne sont pas des masques chirurgicaux, c’est des masques en tissus, lavables à soixante degrés.

– C’est ce qu’on appelle des masques grand-public?

– Euh

Tout le monde parle de masques depuis des lustres. Aujourd’hui c’est l’Académie de Médecine qui y va de son petit commentaire en conseillant vivement le port du masque pour tous avant le déconfinement.  Sans déconner l’Académie de Médecine, comme si on n’avait pas eu assez d’avis pseudo-éclairés sur le port du masque. Quatre mois après le début du bordel, la voilà qui se réveille!

Enfin bref, le pharmacien de la Gare de l’Est ne sait pas ce qu’est un masque grand-public, et de me montrer des masques en coton, avec différents imprimés immondes, masques que ma grand-mère aurait pu coudre si elle n’était pas morte dans les années quatre-vingt.

– Ils sortent d’où vos masques, c’est fait maison ou quoi?

– Euh, c’est une entreprise française qui les fabrique.

– Voyez-ça et c’est combien?

– Quinze euros le masque.

– Quinze euros, c’est du foutage de gueule!

Après, le type a essayé de me fourguer d’autres masques que l’on ne pouvait utiliser que cinq fois mais qui ne coûtaient que sept euros et cinquante centimes. J’ai eu l’impression de me retrouver au souk d’Agadir, alors que j’essayais de préparer mon déconfinement dans une pharmacie parisienne.

Je suis sortie sans demander mon reste, retrouver mon copain. Je me suis soignée à coups d’inhalation de Craven A, tout en papotant au soleil. C’était tellement bien.

Manu, Prince de Bretagne

Macron, Prince de Bretagne

Pendant ce temps, Manu fait ses courses sans masque dans un supermarché de Bretagne. Plus sérieusement, il est allé remercier les deuxièmes lignes grâce à qui on s’engraisse dans le confinement.

J’ai du mal à comprendre comment on peut faire de la communication SANS masque, au trou du cul du Finistère en plein confinement. C’est vrai, sans les employés des commerces alimentaires, on serait dans la merde. Est-ce une raison pour poser sans masque, un cageot rempli de choux-fleur, d’artichauts, de tomates cerises made in Bretagne dans le supermarché de Saint-Pol-de-Léon ? Pourquoi ne pas aller féliciter avec un masque des deuxièmes lignes plus proches de l’Elysée ? C’est une coquetterie ? Ou alors la décision de porter ou ne pas porter un masque quand tu t’appelles Manu, a-t-elle été prise suite à une réunion d’experts, pesant des heures durant, les avantages et inconvénients des deux possibilités ?

Comme dirait Orelsan, plus rien ne m’étonne.

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