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Dans le Confinement

Ras le Fion du Confinement

Mon logement est en mode confinement : les deux canapés sont perpendiculaires à l’écran, histoire de pouvoir regarder Netflix allongée, quel que soit le canapé choisi. J’ai déplacé le panier à linge sale dans mon entrée, à côté de la salle de bain. Dans le confinement l’entrée est sans conteste la partie la moins visitée de l’appartement et du coup je libère de l’espace dans la chambre. Hors confinement, on ne peut décemment pas accueillir ses amis sur le pas de sa porte à côté du panier à linge sale. Dans le confinement, on n’accueille personne alors on fait bien comme on veut.

Moi, après quatre semaines de confinement.

J’ai consommé de la série à volonté, sans trop bouger du canapé. Au bout de trois jours, le salon était devenu un tel bordel que j’ai eu l’impression d’être de retour dans les années quatre-vingt, dans ma chambre d’étudiante : table basse encombrée de bouquins, papiers, tabac à rouler, stylos, livres de cuisine, bédés, cendriers pleins, verres vides, théière à moitié pleine, tasses pleines de tisane froide. A vrai dire c’est encore pire aujourd’hui que dans les années quatre-vingt. Aujourd’hui on a en plus des smartphone, tablette, ordinateur, chargeur de batterie et autres merveilles technologiques à caser sur la table basse. Enfin bref je me suis fait une petite crise d’adolescence dans le confinement.

Il n’y aurait pas eu les poils que ce con de chat laisse partout, j’aurais peut-être prolongé mon séjour dans l’immobilisme et le capharnaüm qu’était devenu mon appartement. Mais, avec les beaux jours, les poils d’hiver du greffier se disséminent à la vitesse grand V et l’atmosphère était devenue irrespirable. 

J’ai commencé par brosser le chat, j’aurais pu faire un bel édredon avec tout ce que je lui ai enlevé. Ensuite j’ai passé l’appartement au Karcher : vitres, poussière, désinfectant, aspirateur, nettoyeur vapeur, j’ai fait la totale. Le résultat était magnifique, je vous le dis. Pour autant, cela ne m’a pas calmée.

Jean-Luc perd ses poils d’hiver dans le confinement

D’ordinaire, faire le ménage a une vertu thérapeutique. C’est certes dur de s’y mettre, mais quand on est dedans à se concentrer sur le moindre grain de poussière, à brosser les sols et lessiver les murs, on oublie tout. On se vide la tête à remplir son aspirateur de poils de chat et de miettes de pain azyme. Une fois fait, on est regonflé à bloc, prêt à travailler, sortir, faire la cuisine, se balader.
Dans le confinement, quand ton logement est clean, tu te dis qu’il n’y a pas grand chose à faire hormis le salir à nouveau. Dans le confinement, la déprime te guette.

Hé Manu Tu Descends?

Bref, je commence à bien me faire chier dans le confinement. Je m’emmerde, je m’ennuie, je tourne en rond, je me fais tartir. Je n’en peux plus des messages anxiogènes d’alerte Coronavirus à la radio, à la télévision, sur Internet. J’ai l’impression d’être au milieu de 1984 de George Orwell. Je les préfère toutefois aux initiatives mièvres pour un demain meilleur qui pullulent de partout.

Pour quoi faire?

Pendant les trois premières semaines, je sortais tous les trois jours. La semaine dernière j’ai commencé à sortir tous les jours et maintenant je sors deux fois par jour pendant une heure, juste pour sortir.  Je sors avec des Ausweis pré-imprimés, un stylo et un panier. Je coche la deuxième case, celle qui autorise à faire des courses de premières nécessités, parce que franchement, les autres ne sont pas très claires. « A Paris, a-t-on le droit de sortir pour s’aérer entre dix-heures et dix-neuf heures si on ne fait pas du Jogging » est la question du jour.

Hier j’ai retrouvé une copine dont l’isochrone croise le mien. On s’était donné rendez-vous sur le canal de l’Ourcq. Il pleuvait mais rien à foutre, c’était juste bon de se voir en vrai, de s’échanger des petits cadeaux et de fumer des clopes. Après quatre semaines dans le confinement, je pense qu’on aurait pu s’embrasser sans risque.

Je ne peux pas m’empêcher de me demander ce que Manu a accompli depuis qu’on est tous enfermés. Avant le confinement, il a viré la Ministre de la Santé pour l’envoyer se viander aux municipales, lesquelles n’ont même pas eu droit à un deuxième tour. De la belle vision moi je dis.
Depuis, on ne sait toujours pas fabriquer de masques en nombre suffisant, ni les distribuer de façon équitable. Pendant ce temps en Pologne, sept distributeurs automatiques de masques et de gel ont été installés dans les rues de Varsovie.

On n’a pas de chiffres, de dates, de perspectives, de plan d’action. Bien sûr, l’équation n’est pas facile à résoudre, mais depuis le temps, ça serait bien d’avoir d’autres informations que le nombre de morts de la veille. Ce soir, quand Manu descendra dans les arènes du vingt-heures-zéro-deux (applaudissements obligent), j’espère qu’il ne va pas nous la jouer câlinothérapie ni nous dire que c’est la guerre. J’aimerais un bilan, des résultats, un planning avec un plan d’attaque pour relancer la machine.

Fume, même si ce n’est pas du Blege.

Terminons par une excellente nouvelle pour les fumeurs dont je fais partie. Il paraîtrait que la nicotine protègerait du  connard de virus. C’est ce qui expliquerait le fait qu’il y ait moins de fumeurs que de non-fumeurs atteints par le Corona. Evidemment, si le fumeur chope le virus, il a plus de risques de se retrouver branché à un respirateur étant donné l’état de ses poumons.

En attendant quand je fume, je me soigne.

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